Au troisième trimestre 2026, Robinhood Chain aurait généré environ 51 millions de dollars de revenus réseau, contre près de 41 millions pour Ethereum, alors que la blockchain de Robinhood venait tout juste de commencer ses activités publiques. Les données publiées par ARK Invest mettent en lumière un déplacement de l’activité vers de nouveaux réseaux, sans pour autant remettre en cause la place encore dominante d’Ethereum dans plusieurs segments.
Le contraste est notable : Robinhood Chain a dépassé Ethereum en revenus réseau au cours de son premier trimestre d’exploitation, malgré une période d’activité bien plus courte que celle de la blockchain historique. Selon le rapport trimestriel consacré à la finance décentralisée par ARK Invest, les revenus attribués à la nouvelle chaîne se sont élevés à environ 51 millions de dollars. Ethereum en a enregistré près de 41 millions.
Robinhood a ouvert le mainnet public de sa blockchain le 1er juillet 2026, après avoir lancé un testnet en février. Son premier trimestre d’exploitation correspond donc à une phase de démarrage particulièrement active. Les chiffres publiés portent sur le troisième trimestre et soulignent la rapidité avec laquelle le réseau a attiré des échanges et des utilisateurs.
La comparaison ne signifie toutefois pas que les deux réseaux disposent de la même ancienneté, du même niveau de maturité ou des mêmes usages. Elle montre surtout que les revenus et les volumes peuvent se concentrer rapidement sur une nouvelle plateforme lorsque celle-ci attire une activité importante. L’évolution du trading de crypto chez Robinhood s’inscrit dans un contexte plus large, comme le décrit également cet article sur la reprise de ses échanges d’actifs numériques : le trading de cryptomonnaies reprend des couleurs chez Robinhood.
Des revenus réseau en hausse sur le trimestre, mais toujours en retrait sur un an
La baisse d’Ethereum s’inscrit dans un mouvement plus large. D’après les données d’ARK Invest, les revenus cumulés des réseaux étudiés ont progressé d’environ 24 % par rapport au deuxième trimestre, pour atteindre près de 349 millions de dollars. Il s’agit de la première hausse trimestrielle observée après cinq trimestres de recul.
Cette reprise reste néanmoins à relativiser : le total demeure inférieur d’environ 47 % à celui enregistré un an auparavant. ARK attribue en partie l’amélioration du trimestre à la reprise de l’activité sur Solana et à l’arrivée de Robinhood Chain. La croissance agrégée ne s’est donc pas répartie uniformément entre les réseaux.
Ethereum a, pour sa part, vu ses revenus réseau diminuer d’environ 35 % par rapport au trimestre précédent. Cette contraction intervient alors que de nouveaux acteurs gagnent en visibilité et que les utilisateurs peuvent répartir leurs échanges entre plusieurs plateformes. Les revenus d’un réseau dépendent notamment de l’activité qui s’y déroule et des frais associés aux transactions ; ils ne reflètent pas à eux seuls l’ensemble de sa valeur économique ou de son influence.
Robinhood Chain attire les volumes d’échange décentralisés
Durant son trimestre de lancement, Robinhood Chain a traité environ 65 milliards de dollars de volume sur les plateformes d’échange décentralisées, selon les données reprises par ARK. Ce niveau la plaçait au quatrième rang des réseaux étudiés pour ce type d’activité. Un résultat conséquent pour une blockchain dont le mainnet public n’avait été ouvert que quelques semaines avant le début du trimestre.
Une part importante des échanges portait sur des actions tokenisées. Celles-ci représentaient environ 13,7 milliards de dollars de volume sur le réseau. Seule la BNB Chain affichait un montant supérieur dans cette catégorie, avec près de 16,5 milliards de dollars. Ces chiffres soulignent l’importance des actifs financiers représentés sur chaîne dans le développement de Robinhood Chain.
Le succès initial en volume ne garantit pas nécessairement que le réseau conservera cette position. Les plateformes récentes peuvent bénéficier d’un fort intérêt au lancement, tandis que les usages et les revenus évoluent ensuite en fonction de la fidélité des utilisateurs, de l’offre disponible et des coûts de transaction. Les questions de sécurité et de dépendance aux contrats tiers restent également centrales pour les applications décentralisées, comme l’illustre le cas de Squid après le piratage d’un contrat externe : un incident ayant entraîné des pertes importantes.
Ethereum reste au cœur du fonctionnement de la nouvelle chaîne
Robinhood Chain règle ses transactions sur Ethereum et utilise l’ETH comme jeton de gas, c’est-à-dire comme actif servant à payer les frais d’exécution. La relation entre les deux réseaux est donc moins celle d’une séparation complète que celle d’une nouvelle plateforme construite autour de l’écosystème Ethereum.
Cette architecture implique qu’Ethereum peut continuer à percevoir une partie des frais liés à l’activité de Robinhood Chain. Le montant de revenus directement attribué à chaque réseau dépend toutefois de la méthode de calcul retenue et de l’endroit où les frais sont générés ou comptabilisés. La hausse de Robinhood Chain ne signifie donc pas que l’activité de la nouvelle chaîne échappe entièrement à Ethereum.
Le développement de réseaux compatibles avec Ethereum s’inscrit dans une tendance plus vaste, qui vise à proposer des environnements spécialisés tout en conservant une interopérabilité avec les outils et les applications existants. Megalabs avait, par exemple, levé des fonds pour développer une blockchain en temps réel compatible avec Ethereum, comme le relate cet article sur son projet de réseau compatible.
Le recul d’Ethereum se voit aussi dans les échanges et la tokenisation
Les revenus ne sont pas le seul indicateur en baisse pour Ethereum au troisième trimestre. Le volume de ses échanges décentralisés a diminué d’environ 27 %. Base a également enregistré un recul, estimé à près de 17 %. ARK observe que les volumes se sont déplacés vers des plateformes plus récentes, parmi lesquelles Robinhood Chain.
Ethereum a aussi perdu une partie de sa proportion dans la valeur des actifs du monde réel tokenisés sur les blockchains publiques. Sa part est passée d’environ 50 % à la fin juin à près de 44 % au trimestre suivant. Malgré cette diminution, le réseau conservait la première place, avec environ 16,7 milliards de dollars d’actifs réels tokenisés.
Cette évolution traduit une concurrence accrue pour accueillir des actifs financiers représentés sous forme de jetons. La répartition peut varier selon les réseaux, les infrastructures de conservation et les applications choisies par les émetteurs. Elle alimente aussi les débats sur la gouvernance et l’orientation d’Ethereum, notamment après les critiques formulées par le créateur de Cardano au sujet de sa structure décisionnelle : les interrogations sur la gouvernance d’Ethereum.
Les résultats de Robinhood seront scrutés par les investisseurs
Pour les actionnaires de Robinhood, les chiffres du réseau devront être rapprochés des résultats financiers de l’entreprise. La société doit publier ses résultats du troisième trimestre le 27 octobre 2026. Cette communication couvrira le premier trimestre complet d’exploitation publique de Robinhood Chain et pourra fournir des précisions sur la manière dont l’activité du réseau se traduit dans les comptes de l’entreprise.
Dans son dossier du deuxième trimestre transmis à la Securities and Exchange Commission, Robinhood avait lié la rentabilité potentielle de sa blockchain à son niveau d’utilisation. Les volumes d’échange et les revenus réseau constituent donc des indicateurs importants, mais ils ne suffisent pas à établir la rentabilité globale. Les coûts de développement, d’exploitation et de sécurisation du réseau doivent aussi être pris en compte.
La lecture de ces résultats devra également distinguer l’activité de la blockchain des autres sources de revenus de Robinhood. Dans le secteur des actifs numériques, une hausse du volume ne se traduit pas automatiquement par une hausse équivalente des bénéfices. Les variations de marché, les frais, les coûts liés aux infrastructures et les attentes des utilisateurs influencent également la performance. Des incidents techniques peuvent, par ailleurs, affecter la confiance et les coûts supportés par les acteurs, comme le montre le cas d’un investisseur ayant perdu 100 000 dollars à la suite d’un dysfonctionnement inattendu : un problème technique aux conséquences financières importantes.






