Dans un contexte en constante évolution, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) envisage la mise en place d’un réseau de chaînes d’information au sein de la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Cette initiative consiste à regrouper plusieurs chaînes d’information continue, telles que LCI, France Info, BMF TV et CNews, par le biais d’une nouvelle numérotation, facilitant ainsi l’accès et la visibilité de ces chaînes auprès des téléspectateurs. Ce projet, largement discuté, a été précisé par le président de l’Arcom, Roch-Olivier Maistre, lors d’une récente audition au Sénat.
Les enjeux de la numérotation des chaînes
La numérotation des chaînes sur la TNT est cruciale, car les numéros les plus bas sont souvent privilégiés pour attirer une audience plus large. La réattribution de 15 fréquences TNT prévue pour 2025 représentera une opportunité pour repenser cette numérotation. L’Arcom devra établir des conventions avec les chaînes retenues, afin de leur permettre d’émettre sur ces nouveaux canaux. Ce processus interviendra d’ici à la fin de l’année, avec des décisions attendues début décembre 2024 concernant la numérotation des chaînes d’information continue.
Une demande croissante pour un bloc d’information
La création d’un bloc de chaînes d’information est une préoccupation majeure pour de nombreux acteurs des médias. Roc-Olivier Maistre a souligné que cette question était « posée depuis déjà un certain temps », indiquant ainsi l’existence d’un désir manifesté par plusieurs chaînes d’information. Les ramifications d’un changement de numérotation pourraient avoir un impact important sur l’audience de ces chaînes. En effet, le numéro 26, actuellement attribué à LCI, pourrait être revu pour remédier à son positionnement défavorable par rapport à ses concurrents directs tels que BFMTV et CNews, qui se trouvent dans les positions 15 et 16 respectivement.
Les défis que représente un changement de numérotation
Le déplacement des chaînes d’un numéro à un autre entraîne des conséquences en cascade qui ne doivent pas être négligées. Des ressources doivent être mises en place pour informer le public de ces changements, et cela pourrait créer de la confusion chez les téléspectateurs habitués à leurs chaînes. De plus, certaines chaînes, comme France O, ont déjà laissé des numéros vacants, rendant la configuration globale des canaux encore plus compliquée. La création d’un bloc de chaînes d’informations permettrait d’améliorer la visibilité et l’accès à ces informations, tout en maintenant une certaine cohérence dans l’organisation des numéros sur la plateforme.
Les perspectives de l’industrie de l’information
Thierry Thuillier, responsable de l’information du groupe TF1, a récemment mis en lumière l’importance d’un bloc de chaînes d’information pour « recréer une forme d’équité des chances » entre les différents acteurs du secteur. Actuellement, les chiffres d’audience montrent un écart conséquent : BFMTV attire environ 12 millions de téléspectateurs chaque jour, tandis que LCI n’en capte que 6 millions. Par conséquent, l’iniquité liée à la numérotation des chaînes se fait de plus en plus sentir, appelant à une réforme qui pourrait redonner à chacune une chance égale de se faire connaître et d’attirer des téléspectateurs.
La réaction du public et des professionnels
Malgré les avantages d’une telle restructuration, certains groupes, tels que RMC BFM, mettent en garde contre une potentielle perturbation des habitudes des téléspectateurs. Nicolas de Tavernost a indiqué que « l’intérêt du public est de ne pas bouger les numéros » afin de préserver la stabilité des habitudes de visualisation. Les discussions autour de ce projet soulignent les tensions entre la nécessité de moderniser l’affichage des chaînes d’information et le désir du public de conserver ses anciennes références.
Un avenir à définir pour la TNT
Alors que l’Arcom s’apprête à prendre des décisions fondamentales concernant cette nouvelle organisation des chaînes d’information, le secteur de l’audiovisuel est à un tournant critique. Les choix qui seront effectués dans les mois à venir détermineront non seulement la composition du paysage médiatique français, mais également la façon dont l’information sera consommée à l’avenir. La collectivité d’éditeurs et le régulateur auront un rôle central à jouer dans la mise en place d’un cadre qui répond aux attentes des téléspectateurs tout en garantissant une concurrence équitable dans le secteur.







