Anne Le Hénanff a récemment été nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, prenant la direction du portefeuille de l’Intelligence artificielle et du numérique. Avec un parcours impressionnant et une expertise avérée dans le secteur numérique, elle incarne une nouvelle vision pour la France face aux défis technologiques contemporains. Sa mission sera de naviguer entre ambition technologique, dépendance internationale et contraintes industrielles, tout en promouvant une approche mesurée de la régulation.
Un parcours diversifié au service du numérique
Née à Vannes et élevée à Pluvigner, Anne Le Hénanff (57 ans) est diplômée de l’EM Normandie, ayant également passé une prépa HEC à Audencia. Son parcours professionnel a débuté dans le secteur de l’agroalimentaire, où elle a travaillé pour des entreprises telles que Bacardí et Saupiquet. Ce passage dans un domaine hautement concurrentiel lui a permis d’acquérir des compétences essentielles en gestion et en stratégie.
En 2003, elle a ouvert une galerie d’art, marque de sa passion pour la culture avant de se tourner vers le conseil en transformation numérique. Son expérience est enrichie par son rôle de formatrice et chef de projet chez Morbihan Énergies, ainsi que par son implication dans l’enseignement à l’Université de Bretagne-Sud sur la chaire cybersécurité. En plus de ses activités professionnelles, elle est membre de la FNCCR et de la Conférence nationale des services publics locaux.
Une élue engagée aux compétences reconnues
Son engagement politique a débuté en 1995, la sparant à l’UMP avant d’être repérée par François Goulard, maire de Vannes, qui lui a confié le poste d’adjointe chargée du numérique en 2008. Son implication dans le numérique a été continue jusqu’en 2022, période durant laquelle elle a également occupé le poste de première adjointe. En 2017, elle se rapproche du mouvement Horizons et devient membre de la majorité présidentielle, tout en conservant ses mandats locaux.
Élue députée du Morbihan en 2022, elle a été réélue en 2024 avec un score impressionnant de 71,6 % des voix. Sa présence à la Commission de la Défense nationale et des Forces armées lui a permis de suivre de près les problématiques de cybersécurité, cyberdéfense et d’intelligence artificielle, des sujets d’une importance capitale dans le contexte actuel.
Une vision pragmatique de la souveraineté numérique
Une des contributions significatives d’Anne Le Hénanff pourrait être sa critique du concept de souveraineté numérique. Elle préfère parler d’« autonomie stratégique », qu’elle juge plus appropriée face aux réalités industrielles et géopolitiques. Selon elle, le terme souveraineté est souvent utilisé de manière politique, tandis que l’autonomie stratégique traduit notre réelle capacité à produire et à décider.
Cette perspective pragmatique reflète une approche axée sur l’unification des forces au sein de l’Europe dans les domaines tels que l’IA, le cloud et la cybersécurité. Elle défend l’idée que la dépendance aux technologies américaines est un défi qu’il est indispensable d’aborder sans illusions.
La régulation technologique au cœur de son action
À l’Assemblée, Anne Le Hénanff a mis en avant une approche équilibrée concernant la régulation technologique. Elle prône une « frugalité législative » pour éviter une inflation normatives qui pourrait altérer la compétitivité du secteur numérique français. Elle insiste sur le fait que, bien que la régulation soit nécessaire pour protéger les citoyens, elle ne doit pas nuire à l’innovation.
Cette position soulève des interrogations concernant l’équilibre à trouver entre protection des utilisateurs et développement d’une industrie numérique nationale encore fragile, une question complexe dans le paysage numérique actuel où les grandes plateformes étrangères dominent.
L’IA de défense comme priorité stratégique
Avant sa nomination, Anne Le Hénanff a piloté un rapport parlementaire sur l’intelligence artificielle de défense, une thématique particulièrement pertinente dans le contexte du budget 2025. Elle considère l’IA non pas comme un simple gadget, mais comme un outil de supériorité opérationnelle et d’indépendance stratégique.
Son plaidoyer pour un continuum entre innovation civile et militaire rejoint les préoccupations relatives à la réduction de la dépendance vis-à-vis des technologies des États-Unis. Une telle approche pourrait donner un nouvel élan à la France dans le secteur technologique et au-delà.
Un défi à relever avec détermination
La nomination d’Anne Le Hénanff soulève des attentes quant à sa capacité à établir une politique publique cohérente dans le domaine de l’intelligence artificielle et du numérique. Sa connaissance fine des territoires et son approche pragmatique sont des atouts indéniables. Néanmoins, la réussite de sa mission dépendra des moyens politiques et budgétaires qui lui seront accordés.







